SÉLECTIF : Archéologie de l’infiniment petit : l’atome et le gène dans la littérature et le discours social

Chercheur : Jean-François Chassay
Financement : CRSH

Ce projet porte sur les effets discursifs et fictionnels des sciences, à travers deux figures : l’atome et le gène. Partant de l’idée que la littérature est une forme de savoir, transversale en quelque sorte, le projet pourrait s’énoncer sous la forme de deux questions : comment la physique fait-elle penser la littérature? Comment la biologie fait-elle penser la littérature? L’atome et le gène ont plusieurs points communs sur le plan imaginaire : ils permettent d’embrasser deux grandes disciplines des sciences; ils sont invisibles à l’œil nu, ce qui permet de les penser, selon une longue tradition gnoséologique, dans un rapport entre voir et savoir; ils forment l’un et l’autre un vaste champ sémantique (cellule, hérédité, évolution, eugénisme, virus par exemple, d’un côté; énergie, quantique, nucléaire, bombe, radiation par exemple, de l’autre). S’il est bien sûr impossible de penser ces questions sans les lier au discours scientifique, il ne s’agira pas uniquement de traiter de fictions entièrement alimentées par la science, mais de voir également en quoi et comment les figures de l’atome et du gène échappent parfois aux sciences, apparaissent comme une sorte de dérive à partir de celles-ci, pour s’inscrire dans un cadre narratif qui en traite peu ou semble, du moins, peu les aborder. Autrement dit, il s’agit d’analyser comment des réseaux sémantiques, alimentés par ces deux signifiants, permettent de renvoyer à la science, mais prennent aussi parfois une valeur métaphorique où la science ne se dessine qu’en creux.