Lieux de précarités et oubli : confluences Brésil/Canada

Chercheure : Licia Souares de Souza

L’approche de la précarité est largement liée à celle de l’exclusion sociale dans le monde globalisé. La situation de précarité est souvent caractérisée par une idée de fragilité découlant d’une distribution irrégulière des ressources dans une société. En fonction de ce caractère incertain et aléatoire de la distribution des revenus, plusieurs personnes ou groupes sociaux sont obligés de vivre des situations dangereuses de la vie quotidienne, familiale et sociale. Par conséquent, les effets extrêmes de précarité mènent à l’émergence de phénomènes d’exclusion caractérisés par des situations objectives de privation, de relégation ou d’enfermement dans des espaces sociaux marqués comme négatifs et violents. L’exclusion apparaît alors autant comme le fruit de politiques socioéconomiques injustes que comme le résultat d’itinéraires de vie interrompus par des bouleversements abrupts produits par une situation de violence extrême (guerres, conflits, génocides, viols, etc.). Les formations discursives (Foucault, Pêcheux) s’avèrent un outil de réflexion sur la représentation des territoires de précarité, dans plusieurs domaines, mais aussi un important moyen pour analyser la dynamique qui marque la pluralité des discours qui s’entrecroisent dans de telles représentations (historique, géographique, sociologique, juridique, etc.), les expériences dans les dédales urbains (favelas, zones d’errance, prisons, asiles, etc.) ou ruraux. En analysant dans cette perspective des œuvres artistiques brésiliennes et canadiennes (littérature, cinéma, média, peinture), ainsi que des situations historiques et géographiques, nous formulerons certaines questions susceptibles d’établir des bases pour la création d’un groupe de recherche.